L’hiver au jardin
La saison de tous les dangers
Chute des températures, vent, gel, neige : n’est pas conifère qui veut ! De nombreux végétaux ornant nos jardins, balcons et terrasses nécessitent des précautions appropriées pour affronter sereinement cette saison pas comme les autres.
>> Les plantes gélives en pot ou jardinièreCactées fragiles, plantes grasses ou résolument exotiques… Une seule solution : la maison. Ignorant le gel dans leurs contrées d’origine, ces merveilles luxuriantes exigent un hivernage à température douce. Les moins volumineuses s’accommoderont d’un emplacement près d’une fenêtre, à distance raisonnable d’un radiateur. Les autres hiverneront dans une véranda ou une serre.
Il existe sur le marché plusieurs modèles de serres, fixes ou démontables.
Les plantes y sont remisées sans protection particulière, dans la mesure où serres et vérandas garantissent, sous des climats classiques, une température supérieure à 0°C, en général de 5 à 7 °C au-dessus de la température extérieure. En cas de forte baisse du mercure, il est toutefois conseillé de placer provisoirement, auprès des végétaux, un chauffage d’appoint, ou d’emballer les plantes les plus fragiles dans un voile d’hivernage.
Attention sécheresse !| En raison de ses parois transparentes ou translucides, une serre est propice à une atmosphère très sèche. Il est donc nécessaire de vaporiser régulièrement les feuillages délicats, et d’arroser, en fonction des besoins, les hôtes hébergés. Y compris les cactées, une fois par mois environ. |
>> Les végétaux rustiques en containerLe principal problème auquel ces pensionnaires doivent faire face est la proximité des racines avec l’extérieur. Il convient donc de protéger efficacement le pot, en l’entourant d’un paillis ou d’un film plastique à bulles.
Certaines espèces très fragiles peuvent également s’accommoder d’un hivernage en « semi-pleine terre » : on enterre le pot dans le sol, dans une zone abritée et ensoleillée du jardin.
La surface du pot peut être recouverte d’écorces de pin ou de paille, voire d’un film plastique étanche pour maîtriser les apports d’eau, meurtriers en cas de gel.
Les feuillages rustiques sont laissés libres, les feuillages fragiles sont emmaillotés dans un voile d’hivernage. En général, une épaisseur de voile augmente la température de 2 à 3°C. Il est donc conseillé, par sécurité, de toujours prévoir une double épaisseur.
• Préférer les situations abritées
Entre une zone ensoleillée, protégée de la bise, et un coin de jardin exposé au nord et traversé par le vent, on observe une différence de température sensible.
C’est pourquoi il est préférable de regrouper les containers le long d’un mur exposé au sud ou à l’ouest, qui rediffusera en soirée la chaleur emmagasinée la journée.
• Des apports d’eau maîtrisés
Une bonne averse dans les heures précédant une gelée est la hantise de tous les jardiniers. A l’inverse, peu de végétaux résistent à plusieurs mois d’aridité intense, à l’abri d’une protection trop étanche. Il convient donc de surveiller régulièrement ses pensionnaires, conserver un œil sur le baromètre et arroser régulièrement mais modérément pendant les périodes de redoux.
• Le cas particulier des palmiers
Plusieurs espèces de palmiers sont données pour supporter des températures très rigoureuses. Il est néanmoins conseillé de protéger leur cœur, à l’aide d’un morceau de plastique à bulles ou de voile d’hivernage, noué à la manière d’une écharpe. Les palmes seront ensuite rassemblées et nouées ensemble, à l’aide d’un brin de ficelle, autour de la palme centrale en formation.
>> Les plantes en pleine terreIl convient de protéger jeunes arbustes, jeunes arbres récemment greffés, rosiers, etc.
Le sol et la base du pied seront protégés par un monticule de feuilles séchées, de paille, voire de tourbe. La tige ou le tronc peut être entouré d’un paillis ou d’une feuille de plastique, en veillant à remplir l’intérieur de paille ou de feuilles sèches.
Enfin, les parties supérieures du feuillage peuvent apprécier une double épaisseur de voile d’hivernage.
Pour protéger les semis ou les jeunes plantes vivaces, encore fragiles, il peut être utile d’installer un châssis ou un tunnel en plastique à arceaux sur les plates-bandes. Ces mini-serres pourront également accueillir de petites plantes en pot.
• Du bon usage des feuilles
Elles tombent à foison des arbres à feuilles caduques qui affrontent l’hiver tous bourgeons dehors. Abandonnées sur place, elles sont directement responsables du pourrissement du gazon, à « raccommoder » le printemps venu. Il convient donc de les ramasser pour les utiliser, sèches, comme isolant des plantes hivernées, ou simplement pour les disposer, en couches épaisses en surface des plates-bandes, potager, etc. En se décomposant, elles apporteront un compost naturel bénéfique.
• Les bulbes et tubercules
La solution la plus simple, surtout si le climat est rigoureux, consiste à les déterrer et à les remiser dans un local sombre, frais et à l’abri de l’humidité (cave, garage…). Pour protéger localement des bulbes laissés en terre, une solution consiste à recouvrir l’emplacement d’un monticule de paille et à coiffer le tout d’un pot en terre cuite retourné.
• Par temps de neige
Si la plupart des végétaux s’accommodent très bien de la neige, qui constitue un isolant naturel, les plus fragiles ploient dangereusement sous cette masse inhabituelle. Il convient donc de chasser l’excédent régulièrement.
Enfin, la neige pouvant littéralement brûler certains feuillages, on n’hésitera pas à recouvrir provisoirement d’une feuille de plastique les végétaux sensibles dès l’arrivée des premiers flocons. Le « parapluie » improvisé sera bien sûr ôté dès la fin de l’épisode neigeux.
• Pas de précipitation
Mieux vaut hiverner trop tôt que trop tard, quitte à libérer provisoirement les feuillages de leur voile d’hivernage et continuer des arrosages sporadiques.
De la même façon, on se souviendra du célèbre « En avril, ne te découvre pas d’un fil » avant de rendre au jardin ses atours de printemps.